Saint-Martin-la-Porte. Le village et ses hameaux

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Situation

1) Coordonnées géographiques :
 Latitude : deux villes bien connues campent très légèrement sur un parallèle voisin de celui de St-Martin-la-Porte à savoir : Grenoble à l’Ouest et Turin à l’Est.
- Latitude : 45° 14’ 23.90" N

 Longitude : St Martin campe pratiquement sur le même méridien que Thonon les Bains (Haute Savoie) et Lunéville (Meurthe et Moselle) au nord et l’île du Levant au sud.
- Longitude : 6° 25’ 53.63’’ E


2) Altitudes :
 Point le plus bas : 640 m en bordure de l’Arc, rivière torrentielle évoquée plus loin,
 Point le plus haut le Grand Perron des Encombres : 2825 m.
 Mairie et accès au parking attenant au chevet de l’Eglise : 787 m.


3) Insertion dans les Alpes
Les données précédentes ont clairement laissé entendre que notre commune se situe dans les Alpes et plus précisément :

a) Dans les Alpes occidentales, partagées entre France et Italie.

b) Dans le versant français de cette partie du massif, nettement plus dilaté que son homologue italien.

c) Dans la partie nord des Alpes occidentales françaises, à mi chemin à vol d'oiseau, de Chamonix à Gap.

d) Dans une « vallée interne », à savoir une dépression transversale. Ainsi les 2 départements savoyards qui englobent la partie septentrionale des Alpes françaises, comptent 3 « vallées internes » à savoir :
- La vallée de l’Arve en Haute Savoie ;
- La partie amont de la vallée de l’Isère, dénommée Tarentaise ;
- La vallée de l’Arc appelée Maurienne ;
St-Martin-la-Porte se situe dans cette dernière vallée, non loin de son centre de gravité géographique, c'est-à-dire à environ 50 km de chacune de ses extrémités.

e) De part et d’autre d’une zone de fractures séparant 2 zones géologiques spécifiques à savoir :

- Celle de l’ouest, composée de roches sédimentaires datant de l’époque secondaire ou Mésozoïque fortement plissées, déplacées et parfois repliées sur elles-mêmes (comme la fenêtre d’une enveloppe postale) à l’époque de la mise en place du massif alpin, c'est-à-dire au tertiaire ou Cénozoïque. Ce premier ensemble s’étend jusqu’à l’amont du branchement de la RD 219 et de la voie communale desservant le hameau de Mollardurand.

De part et d’autre de l’Arc les reliefs suivants soulignent cette « nappe » géologique :
 Au nord ou en rive droite :
     - La Croix des Têtes (à l’aval)
     - Le bombement du Poingt (à l’amont) formant le verrou dit du Pas du Roc
au niveau de cette rivière torrentielle, présentant alors une coupe géologique rendant visibles les couches sédimentaires successives du plissement.
 Au sud ou rive gauche :
    - Le massif support du Fort du Télégraphe est séparé de la carrière en exploitation par la gorge de la Valloirette.

Au sein de ces protubérances, les calcaires se manifestent sous la forme de corniches à pic spectaculaires, notamment celles du jurassique moyen. A noter que le sommet de la Croix des Têtes, la partie la plus claire du défilé du Pas du Roc, la carrière de pierre, la gorge de la Valloirette et le Télégraphe sont composées des calcaires identiques.

- Celle de l'Est, dominée par le Mont Brequin, est composée de roches d'époque primaire ou paléozoïque), principalement du houiller stérile mais aussi du houiller productif au sein des extrémités amont et aval de cet ensemble s'étendant jusqu'aux portes de Modane (le charbon a été exploité dans l'ancienne commune de Beaune - limitrophe de St Martin et désormais commune associée de St Michel de Maurienne - jusqu'en 1963 et même de manière artisanale à la Porte et aux chalets de la Saussaz, sous le col des Encombres).

Le contact entre ces 2 ensembles géologiques forme une zone de fracture bien connue des géologues s'étendant de Longefoy (entre Aime et Bourg St Maurice en Tarentaise) au sud de Valloire (extrémité sud de notre canton). Elle se repère aisément de part et d’autre du paravalanche protégeant le tracé de la RD 219 entre le chef-lieu du village et le hameau de la Porte, en amont du branchement de la voie communale conduisant à Mollardurand, au lieu-dit le Poulard.
Le matériau spécifique se compose de gypse intégrant en surface des blocs de calcaire. La connaissance des roches en profondeur a progressé depuis la réalisation de sondage et surtout le percement récent d’une galerie de reconnaissance dénommée « Descenderie de St-Martin-la-Porte ».
Cette trouée a trois raisons d’être :
     1. Repérer les difficultés géologiques.
    2. Disposer ultérieurement d’un accès pour entamer le percement définitif du tunnel ferroviaire Lyon – Turin.
     3. Servir d’accès de service et de secours une fois le tunnel en service.
Il est possible de prendre connaissance des caractéristiques des roches trouvées dans ce chantier en se rendant en mairie de Saint-Martin-la-Porte où une exposition permanente est accessible au public.
Pour en savoir plus (croquis, repérage des zones et couches géologiques) consulter Alpes (Savoie Dauphiné) par J Delmas, collection guides géologiques régionaux, Masson et Cie, Paris, 1970, page 80 à 84.

f) Dans un itinéraire européen : depuis le Moyen Age une voie de circulation a été aménagée par les hommes dans cette vallée transversale communiquant avec le Val de Suze, versant italien, par le col du Mont Cenis.
Actuellement ce passage comprend :
· Une route départementale : RD 1006, ex RN6.
· L’autoroute A43, avec échangeur à St Michel de Maurienne.
· Une artère ferroviaire à 2 voies électrifiées depuis 1929 (première ligne électrifiée des Alpes françaises).
· Le chemin VEZELAY – ASSISE. L’itinéraire européen pédestre dénommé VEZELAY – ASSISE traverse notre village d’ouest en est, la 29ème étape reliant Saint Jean de Maurienne à Orelle (par St Julien Montdenis, St-Martin-la-Porte, St Michel de Maurienne). Les pèlerins ou marcheurs passent au lieu dit les Collombs et face à l’église. Dans ces deux endroits, ils trouvent désormais un point d’eau potable en dehors des périodes de gel prononcé. Leur itinéraire se poursuit en direction de la Porte où il se confond en partie avec la nouvelle route conduisant à St Michel de Maurienne.

g) Dans une zone relativement sèche des Alpes : les précipitations moyennes annuelles sont de l’ordre de 700 mm environ d’après les relevés de la station d’observation locale de Météo France (une des plus anciennes installées dans la vallée). Ce qui est peu pour l’altitude du chef lieu (787 m). Cette zone peu humide s’étend pratiquement de notre village jusqu’à l’amont de Modane, où le village d’Avrieux est une des communes les moins arrosées de France métropolitaine avec Colmar et la Crau.
Ce caractère se trouve renforcé par l’exposition dominante tournée vers le sud et la fréquence des vents, notamment le phénomène de foëhn (vent fort déplaçant un air doux ou chaud selon les saisons).
Les différents aspects du site de St-Martin-la-Porte combinent de manière originale ces données d’ensemble, phénomène accentué par l’action de l’homme.